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Lexique

La marionnette à tiges, la marotte et le bâton

par Michelle Chanonat 2026

Anciennement, la marotte[1] était le bâton, agrémenté de grelots, porté et agité par le fou du roi. C’est une marionnette réduite à sa plus simple expression : une tête montée sur une tige centrale, avec quelque tissu enroulé pour faire office de costume.

La marionnette à tiges est une marotte évoluée : on lui a ajouté des bras et des jambes, qui ne sont pas fixés à la tige centrale, mis en mouvements par des tiges fixées aux articulations. Selon les traditions, ces tiges secondaires peuvent être placées à l’intérieur (marionnettes de Chine ou du Mali) ou à l’extérieur du costume (wayang golek). Elles permettent des mouvements précis et gracieux. La marionnette à tiges est animée par le bas, généralement dans un castelet.

Les marionnettes à tiges les plus remarquables viennent du théâtre d’ombres de Java et de Bali : le wayang golek. Chez certaines marionnettes de ce théâtre traditionnel, la tige centrale est mobile et pointue. Enfoncée dans le cou, elle supporte la tête et permet de la faire bouger : ce système de contrôle s’appelle le cempurit.

Wayang golek, personnage féminin, Indonésie, 19e siècle ©Xavier Schwebel, Musée Gadagne, Lyon

[1] Marotte a d’autres significations : c’est une idée fixe, une obsession pour quelque chose. C’est aussi la tête dont se servent coiffeurs et chapeliers pour poser perruques et chapeaux. Enfin, Marotte (qui vient de Marie) est le prénom de la servante dans Les Précieuses Ridicules de Molière.

Bibliographie :
Portail des arts de la marionnette, Pôle international de la marionnette, Charleville-Mézières, https://artsdelamarionnette.eu/
Encyclopédie mondiale de la marionnette (WEPA) de l’ UNIMA : https://wepa.unima.org/fr/
La marionnette traditionnelle, Raphaèle Fleury, Musée des marionnettes du monde, Lyon, 2010,118 p.
L’art vivant de la marionnette, Christian Armengaud, Nouvelles Éditions Loubatières, Portet-sur-Garonne, 2012, 164 p.